La maison sans toit – Dijon (21)

Au cœur du centre historique de Dijon, la place Bossuet abrite une bâtisse singulière qui intrigue les passants : la « maison sans toit ». Située au numéro 15, cette demeure est au centre d’une légende urbaine datant du Moyen Âge, mêlant gastronomie et horreur.


Une renommée macabre

Au Moyen Âge, un pâtissier nommé Jean Carquelin jouissait d’une grande popularité à Dijon grâce à ses pâtés réputés pour leur saveur exceptionnelle. Cependant, une série de disparitions d’enfants dans la ville éveilla les soupçons. La rumeur enfla : et si les délicieux pâtés de Carquelin étaient confectionnés à partir de chair humaine ?

L’affaire prit une tournure dramatique lorsqu’un client découvrit un doigt humain dans l’un des pâtés. Une perquisition menée dans la cave du pâtissier révéla des restes humains, confirmant les pires craintes des habitants. Jean Carquelin fut arrêté, jugé et condamné à mort. Il subit le supplice de la roue sur la place du Morimont, aujourd’hui connue sous le nom de place Émile Zola.


Une sanction architecturale

Pour marquer l’infamie de ses actes, les autorités décidèrent de raser le toit de sa maison. Cette mesure visait à laisser la demeure exposée aux intempéries, symbolisant ainsi la honte éternelle. Depuis lors, la « maison sans toit » est restée telle quelle, rappelant aux générations futures les conséquences de tels crimes.


Une légende contestée

Malgré la persistance de cette histoire dans la mémoire collective, certains historiens remettent en question sa véracité. Aucune preuve documentaire n’atteste de l’existence de Jean Carquelin ou des événements décrits. Il est possible que cette légende soit une variation locale de récits similaires, tels que l’affaire de la rue des Marmousets à Paris, où un pâtissier et un barbier furent accusés de crimes similaires.


Un lieu de mémoire

Aujourd’hui, la maison sans toit est un point d’intérêt pour les visiteurs de Dijon. Sa façade austère et ses lucarnes vides lui confèrent une allure mystérieuse. Située à proximité de la célèbre maison Mulot & Petitjean, spécialisée dans le pain d’épices, elle contraste fortement avec l’ambiance gourmande du quartier.

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