Abbaye de Blanchelande – Neufmesnil (50)

L’abbaye de Blanchelande, située à Neufmesnil, est un lieu chargé d’histoire et de mystères. Fondée au XIIe siècle par le baron de La Haye-du-Puits, cette abbaye prémontée a traversé les siècles, connaissant des périodes de prospérité et de déclin. Aujourd’hui, elle est surtout connue pour la légende du fantôme de l’abbé de la Croix-Jugan, qui hanterait les lieux chaque nuit entre 21h et 22h.

Une fondation légendaire

Selon la tradition, l’abbaye de Blanchelande doit sa création à un vœu exaucé. Richard de La Haye, capturé par des pirates lors d’un voyage en Angleterre, promit de fonder une abbaye s’il retrouvait la liberté. Libéré miraculeusement, il tint parole et, avec son épouse Mathilde, établit l’abbaye en 1154. Les Prémontrés y furent installés en 1161, et l’abbatiale fut consacrée peu après.

L’abbé de la Croix-Jugan : un passé trouble

L’abbé Jehoël de la Croix-Jugan est une figure marquante de l’histoire de Blanchelande. Pendant la Révolution française, il s’engagea aux côtés des Chouans, combattant avec une violence qui choqua même ses alliés. Défiguré lors d’une tentative de suicide, il survécut avec un visage marqué de cicatrices. De retour à Blanchelande, il célébra une messe de Pâques en 1802, au cours de laquelle il fut assassiné d’un coup de feu en pleine cérémonie. Son meurtrier ne fut jamais identifié.

Une présence persistante

Depuis sa mort, de nombreux témoignages rapportent des phénomènes étranges à l’abbaye. Chaque soir, entre 21h et 22h, trois coups secs résonneraient dans le logement abbatial. Certains affirment avoir vu une lueur rouge émaner de l’église, et entendu la cloche sonner neuf fois, annonçant une messe fantomatique célébrée par l’abbé défunt. Ces récits ont inspiré Jules Barbey d’Aurevilly pour son roman « L’Ensorcelée », où il décrit avec force détails ces manifestations surnaturelles.

Un lieu chargé d’histoire

Au fil des siècles, l’abbaye de Blanchelande a connu diverses transformations. Après la Révolution, elle fut vendue comme bien national, puis accueillit une communauté religieuse au XIXe siècle. Plus récemment, elle a été utilisée comme restaurant, puis comme discothèque dans les années 1990. Aujourd’hui, bien que partiellement en ruines, elle est inscrite aux Monuments Historiques.

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